Dolmen de Feuilles (Rouet, 34)

Dolmen de Feuilles (Rouet, 34)
(photo Albert Colomer, TDR)

lundi 7 décembre 2015

Annonce soutenance de thèse

Bonjour à tous, amoureux des cailloux petits et grands, et voilà c'est bientôt la fin de la thèse, l'aboutissement de 5 années de recherches et 10 ans d'études. Ce travail achevé, il me restera à alimenter un peu plus souvent ce blog. J'ai fait de nombreuses excursions mégalithiques dont je n'ai jamais publié les comptes-rendus. Je vais m'atteler à rattraper ce retard et peut-être que ce blog pourra devenir un véritable site. Il faut qu'il franchisse une étape lui aussi.    



jeudi 11 juin 2015

Exposition au musée-château de Bélesta (Pyrénées-Orientales)



Le 20 juin prochain, le musée de Bélesta (Pyrénées-Orientales) inaugure une exposition temporaire sur les dolmens du Roussillon et du Pays nord-catalan. Deux panneaux seront consacrés aux fouilles des dolmens de la Barraca (Tarerach) et de Prat-Clos (Ria-Sirach) que j'ai réalisées en 2013 et certains objets découverts lors de ces travaux seront présentés en vitrine. 

Si vous passez dans le coin, allez jeter un coup d’œil ! L'expo durera jusqu'à fin novembre.

Le dolmen de Moli-del-Vent se situe à proximité du village. C'est un monument magnifique, restauré et accessible au public, de quoi terminer la visite de cette région en beauté.   

Bonne visite...


vendredi 17 octobre 2014

Dolmens de l'Hérault : premier article publié

J'ai publié avec mes collaboratrices Mélie Le Roy (anthropologue) et Johanna Recchia-Quiniou (céramologue) un premier article scientifique sur les résultats des sondages sur les dolmens de l'Hérault ainsi que mes problématiques et méthodologies de recherche. 

L'article s'intitule : "Autour de la chambre" : nouveaux éléments de réflexion sur les structures tumulaires. Apport des fouilles récentes de cinq dolmens de l'Hérault.

Il est publié au sein des Actes des 10e Rencontres Méridionales de Préhistoire Récente, colloque qui s'est déroulé en Corse en 2012. 


Voici un petit résumé : De nouveaux travaux, portant essentiellement sur l’exploration des tumulus, ont été initiés sur cinq dolmens de l’Hérault : les dolmens du Mas de Reinhardt II (Vailhauquès), de la Caissa dels Morts II (Murles), de Laroque 17 (Saint- Etienne-de-Gourgas), des Isserts (Saint-Jean-de-la-Blaquière) et de la Caumette (Notre-Dame-de-Londres). Ces derniers sont répartis sur des territoires spécifiques et présentent des particularités architecturales dans la structure de leur tumulus : parements concentriques multiples, péristalithe, utilisation d’anomalie du terrain, évolution de la morphologie du tumulus, etc. La mise en évidence et l’analyse des systèmes périphériques à la chambre sépulcrale permettent d’avancer de nouvelles hypothèses sur la chronologie des processus de construction et d’utilisation des monuments mégalithiques languedociens. 



Mots-clés : 
Mégalithisme, dolmen, tumulus, architecture, Languedoc, Néolithique final, anthropologie, chronologie.

Titre : Chronologie de la Préhistoire récente. Actualité de la recherche.
Actes des 10e Rencontres Méridionales de Préhistoire Récente, Porticcio, 18-20 octobre 2012,
I. Sénépart, F. Léandri, J. Cauliez, T. Perrin et E. Thirault, dir. 

Un peu de réclame : dans ce volume, vous trouverez pleins d'autres articles intéressants, écrits par des spécialistes des périodes néolithiques. Ils s'interrogent sur la chronologie et vous font part des découvertes les plus récentes dans le Sud de la France. Aussi n'hésitez pas à le commander : 


NB : Je précise que je ne touche pas de droits d'auteurs. Cette P.U.B est donc totalement désintéressée. 

lundi 20 mai 2013

Dolmens et menhirs de Suisse et de Haute-Savoie sous la neige !


Me voici, encore une fois, loin du Languedoc, près des lacs suisses cette fois ci, à la rencontre de nouveaux monuments !


Menhirs de Stand (Commune de Concise, Suisse) :

Comment s'y rendre : En partant de Neuchâtel, rien de plus simple, il suffit de prendre la nationale en direction de Lausanne (Attention en Suisse les nationales sont indiquées en bleu et les autoroutes en vert). Une fois arrivée à Concise, prendre à droite (Les menhirs sont indiqués par un panneau patrimoine marron) la route de Provence, continuer tout droit, dépasser le village et tourner à gauche. Au carrefour de deux chemins, prendre à droite le chemin de stand qui descend. Les quatre menhirs sont à droite du chemin, dans un champ, vous ne pouvez pas les rater.

Image satellite de la commune de Concise près du lac de Neuchâtel avec pointage des 4 Menhirs de Stand

Toponymie : Stand veut sans aucun doute dire dressé ! Bref, c'est la définition même d'un menhir. En Occitanie on trouve souvent le toponyme pèira levada ou plantada/ficada pour désigner un menhir. En Corse, un des sites majeurs du mégalithisme de l'île se nomme i stantari : les dressés, les statues. Il regroupe un grand nombre de statues-menhir.


Description : Il s'agit de quatre menhirs en granit disposés en rectangle. Les deux menhirs du nord sont espacés d'environ 1,50 m entre eux et de 5 ou 6 m des deux autres. Ils mesurent plus ou moins 2 m de haut. Il est difficile actuellement, pour moi, de donner davantage d'explication pour la compréhension de ce site car je n'ai pas encore trouvé de bibliographie associée. Etant de passage dans la région, je n'ai pas pu m'attarder pour pêcher des informations plus précises. Je ne sais donc pas si ce site a été fouillé. Avis donc aux internautes franco-suisse qui pourraient connaître ce monument!


Le dolmen de la Cave aux Fées (Commune de Saint-Cergues, Haute-Savoie) :

Situation géographique : Le dolmen se situe sur la commune de Saint-Cergues en bordure de route à la sortie du village. Il est implanté au pied des Voirons, premier massif des pré-Alpes et nord du ruisseau de la Chandouze.

Toponymie : "La Cave aux fées" fait référence à la fois à la forme particulière du monument, à sa fonction et aussi aux légendes qui sont souvent rattachées aux dolmens.
Pour y pénétrer il faut descendre une marche aménagée dans une des dalles supports, ce qui fait penser un peu à l'entrée d'une cave, de plus cette grande chambre funéraire est hermétiquement fermée, aucun espace n'est laissé vide entre les différentes dalles. Mais c'est probablement l'utilisation funéraire connue de ce monument qui lui a donnée le nom "cave", très proche de "caveau".
Les fées et autres lutins ont depuis longtemps été rattachés aux dolmens considérés comme des monuments magiques que l'homme n'aurait pu construire.

Description : Ce dolmen, classé monument historique en 1910, est composé de 7 grandes dalles qui supportent une dalle de couverture actuellement fragmentée en deux morceaux.   La chambre est de forme rectangulaire et on observe une alternance entre dalles de granite et dalles de schiste. Un des piliers au sud est échancrée à la base et dégage ainsi une ouverture en demi-cercle. Peut-être est-ce l'entrée primitive du monument, ce dernier s'ouvrirait donc plutôt au sud ? Cette "entrée" a été murée à une époque indéterminée. Le dolmen semble restauré à l'heure actuelle et il n'existe, à notre connaissance, pas de documentation sur cette tombe. Les observations que nous faisons ici sont très limitées le dolmen étant complètement enneigé. Mais quel panorama !

L'entrée primitive ?

Le dolmen de la Pierre aux Fées (Commune de Reignier, Haute-Savoie) :

Situation géographique : Ce dolmen, pas très loin du précédent, se situe sur la commune de Régnier sur la plaine des Rocailles. Une fois au centre du village il est indiqué par un panneau. On ne peut pas le rater, une fois sur la bonne route, car la construction de cette dernière a probablement coupé une partie du site. 

Toponymie : La "Pierre aux fées" fait référence à une probable légende. En Languedoc, on trouve souvent le terme "Ostal de las Fadas", la maison des fées pour désigner bon nombre de monument. Ces termes prouvent bien les croyances populaires en des tombes construites par des êtres exceptionnels. Vous trouverez sur la toile pas mal de légendes associées à ce dolmen, et également beaucoup d'interprétations farfelues (table de sacrifices, etc.). 

Description : Ce dolmen est entièrement construit en granite. Cette roche semble présente localement sous la forme de chaos rocheux qui rythme la plaine des Rocaille. La fonction de sépulture de ce monument n'a pu être clairement établie du fait de l'acidité du sol qui ne permet pas une conservation des ossements humains.


C'est un dolmen qui peut sembler très aéré mais il faut avoir en tête qu'il est ruiné, il manque certainement des dalles ce qui altère la compréhension du site. La chambre devait à l'origine être composé d'au moins six dalles supports et d'une dalle de couverture.  Comme pour la cave aux fées, cet espace à vocation sépulcrale était probablement hermétiquement fermé. Les piliers étaient encastrées les uns aux autres comme en témoignent les traces de long creusement du granite sur les dalles restantes. Deux dalles effondrées l'une sur l'autre à l'entrée de la chambre formaient peut-être à l'origine une avancée de cette dernière ou une sorte de vestibule d'entrée. Les blocs retrouvés à l'arrière de la chambre ne semblent plus en place. Ils devaient être probablement dressés eux aussi et formaient alors,  le parement externe d'un tumulus allongé. 

Sillon creusé sous la dalle de couverture pour encastrer une autre dalle ?

Creusement vertical d'une dalle latérale pour la juxtaposition parfaite  d'une autre dalle support aujourd'hui disparue.
Vue latérale du dolmen entouré de blocs dont l'agencement d'origine reste difficile à percevoir.  

Pour aller plus loin : un article wikipédia existe sur ce dolmen, il mentionne également le contexte mégalithique et géologique de la micro-région. Bonne lectures !
Pour ce qui est des références bibliographiques, elles manquent ici aussi à l'appel, vous pouvez toujours vous rabattre sur les ouvrages concernant la Nécropole du Petit Chasseur  à Sion, mais je n'ai pas eu le temps d'y aller (un jour peut être ! Mais sans la neige !!).

Super visite sous la neige !

































mardi 26 février 2013

Rapport de fouille dolmens de l'Hérault

Le rapport de fouille qui concerne les dolmens du Mas de Reinhardt II (Vailhauquès, 34), de la Caissa dels Morts II (Murles, 34), de Laroque n°17 (Saint-Etienne-de-Gourgas, 34), des Isserts (Saint-Jean-de-la-Blaquière, 34) et de la Caumette (Notre-Dame-de-Londres) est enfin terminé. Il est le résultat de deux longues années de recherches de thèse sur les systèmes périphériques aux architectures funéraires mégalithiques. 

Je remercie encore tous les chercheurs et les bénévoles qui ont contribué à ce travail collectif.

samedi 25 août 2012

Les cinq campagnes de fouilles des dolmens de l'Hérault se terminent

Je profite d'un moment entre deux coups de truelle pour dire un grand merci à tous mes amis, mes collègues et les bénévoles qui ont travaillé avec moi sur ces cinq campagnes de fouille acharnées ! Je remercie aussi les propriétaires, les maires des différentes communes qui nous ont apporté une aide logistique tout à fait appréciable et qui se sont intéressés à notre travail.

Merci également à tous les visiteurs, curieux, qui sont venus voir les fouilles, parfois même avec des pages imprimés, tirés de ce blog !!

Je remercie aussi les élèves de l'école de Vailhauquès et leurs accompagnateurs qui désireux de connaissances sont venus nous voir et nous poser des questions sur le dolmen du Mas de Reinhardt II. 

Bonne rentrée à tous et à l'année prochaine pour de nouvelles aventures archéologiques.

Dolmen de la Caissa dels Morts (Murles)

Dolmen de la Caumette (Notre-Dame-de-Londres, photo Claude Requirand)

Dolmen de Laroque (Saint-Etienne-de-Gourgas)

Capitelle près du dolmen des Isserts (Saint-Jean-de-la-Blaquière)

Expérimentations au dolmen du Mas de Reinhardt II (Vailhauquès)

dimanche 8 janvier 2012

Fouilles archéologiques : 5 dolmens de l'Hérault



"Les hobbits entendirent parler des Grands Galgals et des tertres verts, des cercles de pierres sur les collines et dans les creux parmi les hauteurs." J.R.R. Tolkien (la communauté de l'Anneau)

Plaidoyer pour de nouvelles recherches sur les dolmens languedociens

Une importante bibliographie est consacrée aux monuments mégalithiques de l’Hérault. Les recherches menées entre 1930 et 1960 ont permis la découverte et la fouille de nombreux dolmens. En dépit de cet engouement, la connaissance du mégalithisme héraultais reste lacunaire. En effet, les premières fouilles, initiées par Jean Arnal, Maurice Louis, Denis Peyrolles et Jacques Audibert, se sont limitées à la chambre funéraire. Ainsi, ces dernières ont été vidées de leur contenu sans qu’aucun relevé planimétrique ni aucune coupe stratigraphique ne soit réalisé. Ces études, bien que très intéressantes, n’instruisent qu’une seule partie du monument qui en plus est la partie invisible à l’époque. Dans les années 1990, de nouvelles fouilles sont engagées dans l’Aude, par Jean Guilaine et Jacques Coularou, et en Provence par Gérard Sauzade. Elles portent désormais sur l’ensemble d’un monument mégalithique, aussi bien la chambre sépulcrale que les structures périphériques qui lui sont liées. Ainsi, par exemple, on peut observer plusieurs phases de construction du tumulus, des rampes d’accès, des dépôts d’offrande à l’entrée du couloir, des traces de cheminement pour le dolmen de Saint-Eugène (Laure-Minervois). Tous ces indices nous renseignent sur le fonctionnement d’une sépulture collective, qui ne semble pas être un monument figé dans le temps, mais qui subit des remaniements et connaît donc une évolution dans la construction, au cours des utilisations successives. Plus récemment, l’exemple de la fouille du dolmen de la Prunarède (Saint-Maurice-Navacelles), a mis en évidence une structuration complexe du tumulus (couronne de pierre, organisation rayonnante des blocs qui constituent la base du tumulus, etc.), des traces d’activité devant le monument et des renseignements inédits sur la provenance et la mise en œuvre des matériaux du tumulus. Ces deux exemples nous montrent bien l’intérêt d’étudier les systèmes tumulaires qui ont longtemps été considérés comme de vulgaires tas de pierres sans intérêt. Mes recherches de thèse, engagées depuis un an, vont dans ce sens.

Dans le cadre de ces recherches, il me semble nécessaire d’initier de nouveaux travaux de terrain sur ces monuments. Ces derniers porteront essentiellement sur l’exploration des tumulus. Au delà d’une étude architecturale à objectif essentiellement typologique, ces fouilles offriront l’opportunité de mettre à jour de nouveaux éléments de datation.
Le département de l’Hérault compte environ 585 dolmens. Conscient de cette densité, il est difficile de faire un choix. Notre sélection repose sur des spécificités à la fois architecturales et géographiques. Cinq monuments ont été retenus. Il s’agit des dolmens du Mas de Reinhardt II à Vailhauquès, de la Caissa dels Morts à Murles, des Isserts à Saint-Jean-de-la-Blaquière, de La Roque à Saint-Etienne-de-Gourgas, et de la Caumette.


Le dolmen du Mas de Reinhardt II

Le dolmen du Mas de Reinhardt II est construit sur le sommet d’un plateau qui domine le Mas de Reinhardt au lieu-dit le Closcas sur la commune de Vailhauquès. Il est voisin des dolmens de Lacoste et du Mas de Reinhardt I et III. Un sentier, qui parcourt toute la colline, a récemment été aménagé, il traverse ostensiblement le dolmen n°1, très dégradé. Le dolmen n°2 qui nous intéresse ici a conservé l’essentiel de son architecture. La chambre sépulcrale est composée de trois dalles, qui devaient soutenir une dalle de couverture aujourd’hui disparue. Le chevet, de forme trapézoïdale, est remarquablement bien taillé et dépasse largement en hauteur les deux orthostats s’appuyant contre. La disposition de ces dalles délimite un espace de plan trapézoïdal d’environ 2 m de long sur 1 m de large au chevet et 1,50 m de large à l’entrée. Le couloir (d’environ 3 m de long) est légèrement décentré vers l’ouest et forme avec la chambre un plan en « P ». La paroi ouest de cette structure d’accès est construite en pierre sèche tandis que la paroi orientale est formée de deux dalles mégalithiques se superposant sur une de leur extrémité. Le tumulus mesure environ 8 ou 9 m de diamètre. Il est délimité par un péristalithe, actuellement conservé au nord (3 dalles) et au sud (4 dalles). Au nord, le tumulus observe un remplissage plus important, il semble recouvert des déblais des fouilles anciennes effectuées dans la chambre. Ces déblais se caractérisent par un amas de blocs sans organisation probablement extirpés de la chambre sépulcrale.

La terre tamisée aux abords du monument et le surcreusement du lapiaz dans la chambre attestent de la régularité des pillages opérés sur ce dolmen. Malgré cela, le couloir semble avoir conservée une partie de son remplissage. On observe également des traces de fouilles clandestines sur la partie du tumulus directement derrière le chevet.
A notre connaissance, seul Jean Arnal a travaillé sur ce monument. Il en a relevé le plan et y a retrouvé quelques perles et une armature de flèche (Arnal 1963).

Le dolmen de la Caissa dels Morts II :

Le dolmen n°2 de la Caissa dels Morts, appelé anciennement « Las cans », est situé sur la commune de Murles, au lieu-lit Combe Louvatière. Il est implanté dans le bois de Valène, en bordure d’une dépression près d’un relief culminant à 276 m. L’activité intense des charbonniers au milieu du siècle dernier a dégradé un certain nombre de monuments dissimulés dans ce bois. Le dolmen n°1 de la Caissa dels Morts a été transformé en cabane de pierre sèche. Le monument n° 2 a été cependant épargné. C’est un dolmen à couloir en « q ». La chambre est de forme trapézoïdale, légèrement plus large à l’entrée qu’au chevet. Elle est composée de 3 dalles supports et mesure 1,50 m de long sur environ 0,90 m de large. Le chevet, lui aussi de forme trapézoïdal, est engagé entre les deux orthostats et les vides laissés entres ces dalles sont soigneusement comblés par un empilement de dallettes. La dalle de couverture est, ici aussi, inexistante. Le couloir mesure 3,80 m de long et il est bordé à l’ouest de deux dalles mégalithiques plantée dans le prolongement l’une de l’autre et à l’est d’un mur en pierre sèche. Ce dernier présente un appareillage de dallettes près de l’entrée de la chambre tandis qu’au sud c’est un assemblage de moellons de plus grandes dimensions. Les constructeurs ont probablement voulu renforcer cette partie du monument implantée en pente.

Deux chercheurs ont travaillé sur ce monument, il s’agit de Jacques Audibert (Audibert et Boudou, 1955) et de J. Arnal (Arnal, 1963). Ce sont leur description des structurations du tumulus qui ont attiré notre attention. Ils signalent 5 cercles concentriques en pierre sèche formant un tumulus de 10 m de diamètre. Nos constatations sur le terrain se sont révélées sensiblement différentes, ce qui nous a poussé à retoucher le plan schématique établi en 1955 par J. Audibert. On a reconnu une couronne de gros blocs en périphérie et un mur de grandes dalles superposées au sud qui fonctionne comme un mur de terrasse rétablissant l’horizontalité du sol. A l’intérieur, quelques aménagements hypothétiquement assimilables à des parements concentriques en pierre sèche peuvent être individualisés (représentés en pointillés sur le plan ci-dessous). Deux menhirs juxtaposés implantés à l’entrée du couloir ont été mentionnés par J. Audibert. On préfèrera le terme de dalle d’entrée car aucune trace de taille n’est visiblessur ces deux « menhirs ». Le plus imposant semble effectivement en position primaire, l’autre a peut-être été rajouté par les charbonniers qui ont reconstruit également une partie de la chambre en remplaçant les vides laissés par les orthostats délités par un empilement grossier de pierres. Le mobilier découvert dans ce dolmen par J. Audibert se compose d’une lame en silex grisâtre, de quelques dents humaines et d’un tesson portant un téton de préhension. J. Arnal a trouvé, quant à lui, une armature de flèche ovale et un gros fragment de céramique.

Le dolmen n"17 de Laroque :

Le dolmen est situé sur le plateau du Larzac, au nord-ouest du hameau de la Roque sur la commune de Saint-Etienne-de-Gourgas. Une ancienne draille passe à l’ouest du monument. Ce dernier est implanté au bord d’une dépression surplombant le cirque du Bout du Monde. C’est une tombe mal connue ; à notre connaissance seul le groupe archéologique du Lodévois y a travaillé (Arnal 1979) et en a relevé l’architecture. Le dolmen a probablement été pillé anciennement. La chambre sépulcrale, de forme rectangulaire, est composée de deux dalles supports parallèles et d’une dalle de couverture légèrement descendue sur le tumulus, cet espace mesure 1,50 de long sur 0,50 m de large. Aucun couloir n’a été reconnu pour ce monument. On n’observe pas non plus de système d’entrée frontale pour la chambre. Un mur en pierre sèche, découvert par G.-B. Arnal, ferme la chambre au sud. Cette tombe s’insère non pas au centre mais dans le secteur nord-est d’un tumulus circulaire de 6,50 m de diamètre. Il présente lui aussi quelques structures directement observables. Au nord, on peut suivre la limite du tumulus qui est marquée par un mur circulaire de pierre sèche. Au sud-ouest, on distingue des lignes de pierre rayonnantes autour de la chambre. Ce type d’aménagement est visible sur un dolmen voisin, celui de la Prunarède, fouillé récemment (Galant à paraître).

Le dolmen des Isserts :

Le dolmen des Isserts se situe sur la commune de Saint-Jean-de la Blaquière. Il est construit sur une ligne de crête, à l’amorce de la déclivité. C’est un dolmen à couloir en «P» construit en ruffe volcanique, roche locale présente dans tout le bassin du Salagou. La chambre est composée de 4 dalles et est recouverte par une dalle de couverture (elle gisait sur le tumulus ; le propriétaire l’a remise sur les supports il y a 70 ans). La dalle de chevet, dont il ne subsiste que la base, mesure 1 m de haut et 0,80 m de large. Ce chevet est encastré entre les deux dalles latérales. La aussi, l’espace laissé vide est soigneusement comblé par des dallettes. La dalle d’entrée est également brisée, elle n’est conservée que sur 0,40 m de haut. On distingue encore, sur son côté gauche, le départ de l’échancrure et des traces de bouchardage. L’intérieur de la chambre mesure 2 m de long sur 1,50 m de large. Toute la surface du sol était dallée ainsi que la totalité du couloir. Ce dernier est limité à l’ouest par un mur de pierre sèche bien appareillé. Les pierres sont équarries de manière assez régulière et possèdent des surfaces planes. Le tout forme une paroi totalement dressée et rectiligne de 60 cm de haut. A l’est, le couloir est d’abord bordé d’un mur de pierre sèche de 1,40 m de long et de 70 cm de haut puis d’une longue dalle de 2 m de long sur 1 m de hauteur. La largeur de ce couloir est de 1 m à l’entrée de la chambre puis il rétrécit progressivement de moitié à son autre extrémité. Ce système d’accès est divisé en deux parties qui sont séparées par un mur transversal en pierre sèche. L’entrée du couloir est condamnée par une dalle dont il ne subsiste que la base. Ce dispositif est aujourd’hui noyé sous l’effondrement du tumulus. Ce dernier présente des structures particulières. Suite à l’incendie récent du terrain, on a pu identifier les vestiges de parements internes en pierre sèche parfois vraisemblablement circulaires d’autre fois sub-rectangulaires. Ces murs sont mieux conservés au sud-ouest du monument. Ils venaient peut-être renforcer cette zone du tumulus implanté en légère pente. Le plan ci dessous emprunté à Y. Chevalier ne semble pas correspondre à la réalité (Chevalier PL II, 1984).
Ce dolmen est découvert à la fin du XIXème siècle par Cazalis de Fondouce qui le mentionne dans son inventaire des dolmens de l’Hérault (Cazalis de Fondouce, 1870). Il pratique un sondage dans la chambre et y récolte quelques tessons ornés de chevrons (aujourd’hui introuvables). J. Audibert réalise quelques ramassages de surface sur ce monument (Audibert 1956). La chambre ainsi que le couloir sont entièrement dégagés dans les années cinquante par le Groupe Archéologique du Lodévois, dirigé par Gaston-Bernard Arnal (Groupe Archéologique du Lodévois, 1961). Il décrit 2 couches d'utilisation du monument : une au Néolithique final, caractérisée par la découverte d’armature de flèches, d'éléments de parure (perles en stéatite) et de débris de vases à fond rond et au profil sinueux. La seconde couche d'utilisation semble beaucoup plus récente (âge du Bronze ou du Fer), elle est riche en mobilier métallique. Deux anneaux en bronze, deux épingles en bronze et deux clous en fer ont été retrouvés contre la dalle de chevet, accompagnés de deux vases dont un décoré. Les restes humains de la chambre ont été retrouvés, selon les premiers fouilleurs "sans ordre apparent". Ils ont cependant identifié deux modes de traitements des cadavres dans la tombe : l'inhumation et l'incinération. Ils ont également dénombré 235 dents ce qui nous fait un total d'environ 7 individus.

Le dolmen de la Caumette :

Le dolmen de la Caumette est situé sur la commune de Notre-Dame-de-Londres au lieu-dit Maubouys, près du hameau de La Caumette (ou La Calmette = petit plateau). Il est placé à flanc de colline à 207 m d’altitude et domine un thalweg. Ce monument possède une architecture particulière, il a été classé par J. Arnal parmi les dolmens à couloir sinueux et à façade (Arnal 1959). La chambre est de forme rectangulaire et mesure 2,80 m de long sur 2,45 m de large. Elle est composée de trois dalles mégalithiques qui devaient supporter une dalle de couverture (aujourd’hui disparue). L’orthostat nord est prolongé à l’ouest par une petite dalle plantée. L’orthostat sud, quant à lui, est prolongé par un mur de pierre sèche. Perpendiculaire à ce dernier, on trouve une autre dalle plantée qui ménage une entrée à la chambre sépulcrale. Cette dernière dalle ne semble pas échancrée comme c’est souvent le cas des dalles portes des dolmens languedociens. La dalle de chevet est engagée entre les orthostats, elle a légèrement pivoté sur son côté est vers l’intérieur de la chambre. Le couloir forme avec la chambre un plan en « P ». Il mesure 6 m de long sur 0,70 m de large et a conservé 1, 30 m de sa hauteur. Il se distingue des autres couloirs languedociens par son tracé sinueux. Depuis l’entrée de la chambre, il part en direction du sud, il est ici bordé de murs de pierre sèche, puis il change de direction, on remarque alors que sa paroi sud est bordée de dalles plantées juxtaposées. Enfin, il continue vers le sud ouest et il est à nouveau bordé de murs en pierre sèche. Le tumulus de forme ovale est très imposant, il mesure 16,70 m de long pour 15,50 m de large et est conservé sur une hauteur de 1,50 m. Il est parementé en façade, près de l’entrée du couloir. Ce parement n’est pas circulaire mais légèrement concave. Le secteur est du tumulus est situé sur une autre parcelle (une clôture traverse le monument au niveau de la dalle de chevet). Une ciste dite « hallstattienne » a été implantée dans cette zone mais aucun squelette n’y a été retrouvé.
La chambre, le couloir ainsi que la ciste hallstattienne ont été fouillés en 1958 et 1959 par J. Arnal (Arnal et al 1979). Les chercheurs ont constaté que la chambre sépulcrale avait été vidangée à deux reprises, une première fois à l’époque hallstattienne et une seconde fois à l’époque romaine. Les déblais ont été évacués dans le couloir. Ils y ont donc identifié trois couches, la première correspondant au dépôt sépulcral primaire néolithique. Les individus ont été dénombrés par Henri Duday : dans la chambre, un nouveau-né, cinq enfants/adolescents et 3 adultes ont été inhumés. Un squelette d’enfant a été retrouvé à l’entrée du couloir, en connexion anatomique ; il était accompagné des restes d’un chien et d’un collier de perles. Le nombre minimum d’individus inhumés dans cette structure d’accès est de 16. Le mobilier néolithique associé à ces dépôts sépulcraux primaires se compose d’outils en silex en plaquette de Salinelles, de deux colliers de perles variées typiques du Néolithique final, qui ont été retrouvés en connexion, de quelques vases qualifiés de tradition fontbuxienne, etc.

De nouvelles fouilles paraissent indispensables pour faire avancer la recherche sur le mégalithisme régional. L’exploration systématique des tumulus, peu remaniés dans l’ensemble, apporterait des informations inédites quant à leurs structurations internes, les dépôts secondaires funéraires qui ont pu y être fais, et enfin la datation de la construction primitive de ces monuments.

Bibligraphie :

ARNAL 1959
ARNAL (J.), « Les dolmens à façade. », Bulletin de la Société d’Etudes Scientifique d’Angers, Nouvelle série, T. II, 89ème année, 1959, pp. 51-53.
ARNAL 1963
ARNAL (J.), « Les dolmens du département de l’Hérault. », Préhistoire, T. XV, Presses Universitaires de France, Paris, 1963, 237 p.
ARNAL et al 1979
ARNAL (J.), DUDAY (H.), COULAROU (J.), POULAIN (T.), « Le dolmen de la Caumette, Notre-Dame-de-Londres (Hérault). », Bulletin d’Etudes Préhistoriques Alpines Aosta, vol. 11, 1979, pp. 23-60.
Arnal 1979
Arnal (G.-B.), « Les Mégalithes du Lodevois , tome II: L'Ensemble mégalithique de Saint-Pierre-de-la-Fage », Mémoire du Centre de recherches archéologiques du Haut-Languedoc, Lodève, 1979.
AUDIBERT et BOUDOU 1955
AUDIBERT (J.) et BOUDOU (J.), « Une vallée à l’énéolithique », Cahiers Ligures de Préhistoire et d’Archéologie, T. 4, 1955, pp. 93-96.
AUDIBERT 1956
AUDIBERT (J.), « Le Bronze moyen bas languedocien ». Bulletin de la Société Préhistorique Française, 1956, pp. 152-157.
CAZALIS DE FONDOUCE 1870
CAZALIS DE FONDOUCE (P.), « Documents sur la période préhistorique fournis par la région du département de l’Hérault», C.R. De la 35e session du Congrès scientifique de France, t.1, 1868, Montpellier, 1972, in Matériaux, 1870, pp. 375.
CHEVALIER 1984 :
CHEVALIER (Y.), L'architecture des dolmens entre Languedoc et centre-ouest de la France, Saarbrücker Beiträge Zur Altertumskunde Band 44, Dr. Rudolf Habelt GMBH. Bonn, 1984, pp. 46-56, PL2.
GROUPE ARCHEOLOGIQUE DU LODEVOIS 1961 :
GROUPE ARCHEOLOGIQUE DU LODEVOIS, « Les mégalithes du Lodévois », Cahier Ligures de Préhistoire et d’Archéologie, T. 10, pp. 34-40, fig. 8-12.

Dolmen des Isserts (effet néon)